15h53 (Heure du Québec)
Bon. On y est.
Je suis assise aux portes B59, à attendre l’embarquement pour mon vol vers Zurich à 17h03.
Au comptoir SwissAir, on m’a possiblement prédit des embûches concernant le transfert de mes bagages vers Dresden. SwissAir fait affaire avec un autre transporteur et la préposée semblait m’indiquer que ma connexion, ou à tout le moins, son code, n’était plus le même que celui qui était inscrit sur mon billet électronique. Rassurant.
Me séparer de mes parents a été moins larmoyant que je ne l’aurais imaginé. Une fois que je me suis aventurée (seule) entre les cordons délimitant la file d’attente, j’ai entendu quelqu’un hurler comme un chien à la Lune. J’ose espérer que ce n’était pas ma mère. J’ai l’impression que c’était un bébé, mais… Ceux qui connaissent ma maman savent qu’on peut s’attendre à tout de sa part !
Autour de moi, que des personnes que j’estimerais âgées de 55 ans et plus. SwissAir serait-elle spécialisée en gériatrie ? Rassurant (bis). Je n’ai pas l’impression d’être assise au mauvais endroit… Je vais tenter d’empêcher mon imagination trop fertile de croire que ceci est un vol destiné à éliminer les gens périmés et qu’on m’y a placée par erreur (quoique à 20 ans, mes cellules ont déjà commencé à se dégrader, c’est bien connu)…
Assez de conneries. C’était Lochin Brouillard, en direct d’Air Âge d’Or. Merci de votre attention.
00h44 (Heure de Montréal), 6h44 (Heure de Zurich)
L’embarquement pour mon prochain vol : 8h50. Les portes qui lui sont assignées n’ont pas encore été annoncées, comme il est trop tôt.
Le vol a été plutôt sans histoire. Je déconseille SwissAir en ce qui concerne les divertissements à bord. Moi qui m’étais habituée à Air France et à sa collection infinie de films, le répertoire est assez chiche (un ou deux films pour enfants, un documentaire, un reportage de sport, un film allemand dont la trame-sonore ne semblait pas fonctionner, des épisodes de Friends et un film de Woody Allen…). Pour passer le temps, j’ai parcouru mon guide de Dresden presque au complet et j’ai regardé Der Baader Meinhof Komplex. Le film était intéressant, la violence assez crue, j’avoue avoir parfois eu du mal à suivre certains filons de l’intrigue, mais sans doute me manquait-il des connaissances en matière d’histoire allemand des années 60 et 70.
J’ai fait connaissance avec un Suisse allemand, qui parlait aussi l’italien, l’anglais et le français. Nous avons discuté au cours des deux dernières heures du vol et j’étais surprise d’arriver à comprendre et à relativement communiquer. Pour la gang du Goethe Institut, n’allez pas croire qu’il m’a parlé en suisse allemand ! Il a été assez gentil pour employer le Hauptdeutsch, l’équivalent de notre « français international. »
L’aéroport de Zurich est très propre et bien organisé. Petit moment surréaliste : à l’arrivée d’un vol international, on est transféré au terminal des départs intra-européens par un métro (encore une fois très propre). Une fois que le métro s’ébranle, on commence à entendre des bruits de yodlé, une vache qui fait « meuh » et l’image d’une jolie et blonde Helvète en costume traditionnel, rappelant l’album d’Astérix, est projetée sur les murs à répétition, comme la pellicule d’un film qu’on aurait déroulée. L’humour suisse, sans doute.
Les Suisses m’ont aussi fait une très bonne impression, en commençant bien sûr par mon voisin de l’avion. La dame au comptoir des transferts était extrêmement courtoise, tout comme le douanier (un douanier sympathique, qui l’eût cru !!!) et les autres préposées à qui j’ai demandé des questions. Il semblerait par contre qu’on ne doit pas fricoter avec une Suisse : dans l’avion, un homme refusait d’ouvrir son hublot en raison de « der Sonn » (du soleil), on lui a répondu sèchement MAIS poliment, « it is the rule, thank you. » Pareillement, une fois hors de l’avion, j’interrogeais une agente de bord au sujet de mon transfert, une dame s’est approchée (pas très subtilement) pour poser une question alors que l’agente s’apprêtait à me répondre et la dite agente ne s’est pas gênée pour adresser à la dame la remarque suivante : « She asked a question first. » Pas de « thank you » cette fois. La morale de cette histoire : niaise-pas avec une Suisse, très cher !
13h37 (Heure de Dresden)
Argh. S’y rendre était plus facile que d’y être, on dirait bien.
Le vol Zurich-Dresden s’est fait comme un charme. À l’aéroport, deux Québécois m’ont donné un coup de main avec ma valise, puis le douanier m’a tout simplement fait passer la porte en supposant que je n’avais rien à déclarer. Le trajet jusqu’à l’institut n’a pas été trop long non plus.
C’est une fois arrivé à l’Institut que ça s’est corsé. J’imagine qu’avoir à peine dormi deux heures depuis hier soir n’a pas tout à fait aidé, mais disons que mon allemand semblait de plus en plus loin dans mon esprit brumeux. J’ai passé une interview avec le directeur de l’institut, qui posait des questions telles que « pourquoi apprendre l’allemand ? » ou « pourquoi Dresden ? » ou encore « quel niveau ai-je déjà en allemand ? ». Je suis devenue un peu plus loquace, mais une fois devant le test écrit, j’avoue avoir souvent donné ma langue au chat devant des questions de « schon » ou de « noch » ou d’adverbes dont je n’étais pas certaine de la signification… Je suppose que le « worst case scenario » serait d’être placée dans un groupe égal, voire inférieur à mon niveau actuel, ce qui me ferait réviser de la matière que je n’ai pas nécessairement eu le temps d’assimiler tout en allégeant la matière que j’aurais à ingurgiter en un mois.
J’ai acheté une carte de tramway-bus pour le mois. En Allemagne, le système de transport fonctionne selon le concept « d’honneur. » On ne vérifie pas qu’un passager est bel et bien détenteur d’un billet, c’est lui qui doit en faire l’achat à bord du tram ou à l’arrêt. Dans mon cas, d’autres usagers du tram semblent m’avoir indiqué de faire tamponner ma carte dans une machine. J’ose espérer que ce ne fut pas une erreur, parce qu’à 47€, je préférerais ne pas avoir à racheter de seconde carte !
Ma résidence est ultra-moderne avec des couleurs et un mobilier à la IKEA/Europe du Nord. Des photos suivront sous peu. Le hic : elle est située assez loin de l’Institut, soit dans le sud de la ville. Le trajet de tram, comptant l’attente et la marche, a duré environ 30 minutes. La prochaine fois, je n’aurais heureusement pas à traîner ma foutue valise de 21 kg…
J’ai eu la chance de tomber sur une Japonaise que j’ai suivie jusqu’à la résidence. J’espère sincèrement ne pas l’avoir offensée en étant aussi… chaleureuse que je peux l’être dans mon mode « socialisons à tout prix si je ne souhaite pas me perdre dans cette ville nouvelle. » Je croyais qu’elle avait mon âge, mais elle m’a dit avoir 34 ans. Ariane, Muzi, si vous me lisez, c’est impoli de demander son âge à une Japonaise ?
Programme du restant de la journée : défaire ma valise, prendre une bonne douche, trouver un supermarché et tenter de rester debout, malgré le décalage horaire et la fatigue du voyage.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Moi, j'ai adoré SwissAir ! J'y garde de merveilleux souvenirs de mon voyage en Italie, secondaire III, avec l'école.
RépondreSupprimerIl n'y avait pas beaucoup de films, je te l'accorde, mais il y avait des jeux vidéos (!) et pleins de postes de radio (donc la chaîne «francophone» où toutes les chansons sauf une étaient en anglais...).
J'adore ton blog jusqu'à présent ; tu publies souvent, tes billets sont, ma foi, très complets. Ce sera un délice que de te lire. :-)
Bon séjour, Globe-trotter !
Avoue l'aréoport de Zurich est trop beau... lots of sexy concrete...
RépondreSupprimerAh, les maudits tests de classement dans les écoles de langue, la journée même de l'arrivée -_-
RépondreSupprimerJuste quand tu es super stressée et fatiguée de l'avion, puis que tu es pas encore habituée à la façon dont les gens parlent (débit, accent, etc.).
Au Japon j'avais complètement poché, et je me souviens de l'air désolé des professeurs lors de mon entrevue (je n'arrivais à répondre que par oui ou non à la majorité des questions)...
Mais bon, fais-toi en pas, c'est comme ça pour tout le monde!
Sinon pour demander l'âge à une Japonaise... Ben, c'est pas très poli, non. Mais c'est pas la fin du monde non plus. Dans des groupes d'étude des Japonais m'ont souvent demandé mon âge... Quoi que peut-être que le contexte ''on se pose des questions de base pour étudier'' le leur permettait plus facilement?
Dans tous les cas, ne t'inquiète pas, elle est pas dans son pays non plus.
Yo Lo!
RépondreSupprimerJe te lis pendant mes pauses a ma job (ou il n'y a que des claviers anglais) et je dois dire que t'es super drole a lire. Ca me garde eveille!
@+